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2006 : Dépôt de bilan

vu par Mikaël Gaudin-Lech

 

 

 

 

 

 

 


 

Humeurs. Du côté du cru 2006, Libération y voit une année « globalement pessimiste », tandis que les Cahiers du Cinéma pointent du doigt un cinéma de l’émotion (Cœurs, Lady Chatterley), là où Le Monde et Chronic’Art mettent en avant le cinéma de genre distrayant (Black Book, The Host). On ne saurait véritablement établir de tendances, d'inclinaisons, de modes, pour ces douze mois de cinéma qui s'achèvent, mais voyons juste en 2006 une année plutôt faste encadrée par deux chefs d'oeuvre, l'un sorti en son début, l'autre en sa fin, Le nouveau monde, The Fountain, deux histoires d’amour fou.

 

Pixels. Après l'onde de choc Dogma, voici les contrecoups HDV: hier L'esquive, cette année Miami Vice, l'an prochain Inland Empire, avec en jokers Un couple parfait et Les Climats. Désormais l'alternative numérique a ouvert une brèche, comme une issue possible. Les cinéastes s'en emparent et la modèlent à leur façon, déroutent bien souvent, expérimentent peu à peu. On attend la suite.

 

Science et vies. Au-delà des adaptations de comic books et histoires de super-héros, les cinéastes ont surtout cette année redonné un corps à la science-fiction. Si Shyamalan a fait l'unanimité ou presque contre lui, Linklater invente de nouveaux codes sensoriels avec A scanner darkly, Alfonso Cuaron travaille au corps la brutalité primitive et visuelle de ses Fils de l'homme, et Aronofsky éblouit avec son film-somme, The Fountain. En attendant Richard Kelly, oublié en route des sorties annuelles et remis à 2007, qui proposera une lecture mythologique et quasi-fellinienne du futur avec de grands Southland Tales.

 

Rires. Pour les comédies, 2006 a retourné 2005, pour qui les meilleurs étaient américaines (Serial Noceurs, En  bonne compagnie, Ron Burggundy), lesquelles furent cette année décevantes (Moi toi et Duprée, Click, Nacho Libre). Surprise, la France tire cette année les bonnes cartes en abattant son quatuor gagnant: Dans Paris, Changement d'adresse, Le grand appartement, L'ivresse du pouvoir, quatre bonnes pioches, bravo.

 

Nature et découvertes. L'hyperréalisme a encore de beaux jours à vivre au sein du cinéma français, où il aura connu cette année plusieurs formes. On avancera le terme de « naturalisme sauvage » pour définir ce cinéma entamé fin 2005 par Le petit lieutenant. Inattendu, Grandperret adapte Pialat et livre Meurtrières, film décevant, pauvre à tous points de vue tandis que Bruno Dumont, meilleur défenseur de cette école en France, tourne avec Flandres une oeuvre superbe, forte et puissante.

 

Retours. Si 2005 fut l'année Sirk, Renoir, Fassbinder ou Minnelli, 2006 fut sans aucun doute l'année Godard. En revanche, les rétrospectives se sont attardées sur des cinéastes plus confidentiels (Malle, Naruse, Wiseman), avec tout de même trois grands moments vécus à la Cinémathèque: Rossellini (ceux qui ont raté son oeuvre télévisuelle le regrettent encore), Cukor (et ses belles comédies tristes) et Murnau (grâce à Bercy, je sais maintenant que je préfère City Girl à L'aurore). Si 2006 s'achève sur le bel hommage à Eustache, l'horizon 2007 s'annonce, hormis Rivette, étrangement plat (Kiarostami à Beaubourg/ Vidor, Deneuve, Mamoulian, Jacquot à Bercy).

MGL

 

 

 

 

 

 

 

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