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300

  


 

« Mardi 12 novembre, à Téhéran, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s'est lui-même rendu devant les 300 participants et intervenants – dont la plupart ont mis en cause le fait historique de la Shoah – et a une nouvelle fois annoncé la disparition de l'Etat d'Israël. » (cf. Le Monde).

Quelques mois plus tard, le président iranien dénonce le film 300 de Zack Snyder comme étant une œuvre de propagande, « une guerre psychologique contre l’Iran ».

Le nombre qui obsède le président iranien serait-il 300 plutôt que 23 ?

Zack Snyder, lui, n’est en effet pas tendre avec le peuple iranien et ses ancêtres. Son premier film, remake de L’Armée des morts de Romero débutait déjà par une image lourde de sens : image télévisuelle d’un groupe de musulmans en prière, alors que parallèlement un virus mortel se propage transformant l’homme en animal cannibale. (Ces images d’une esthétique proche de la caméra de surveillance semblent vouloir surprendre et médiatiser la cause du Mal). Dans 300, le peuple perse est un peuple qui ne cherche qu’à avilir tous les hommes, alors qu’eux-mêmes ne sont rien d’autres que des guerriers fanatiques profondément immoraux au physique hideux, aux mœurs immorales.

Finalement, la critique que transmet 300 a acquis une puissance incroyable grâce à ses propos stupides. Elle a touché en plein dans la fibre nationaliste des Iraniens, alors même que celle-ci est la critique essentielle du film, que l’on retrouve majoritairement chez le peuple spartiate /américain auquel on est amené à s’identifier (les Spartiates, purs symboles, ont une éthique juste mais immorale). Elle a montré, aussi, que le peuple iranien semble finalement la reproduction fidèle de sa critique (dont l’exemple de leur rapport à Israël est éloquent).

 

En soi, le film n’est qu’un gigantesque combat, entrecoupé de l’histoire parallèle de la femme de Léonidas tentant de rallier le peuple spartiate à sa cause, ne faisant finalement qu’appuyer de métaphores inutiles l’incompétence et la malhonnêteté d’institutions aux airs de Congrès américain (comme plus tôt Léonidas faisait douter de l’efficacité d’une pseudo Cour suprême peuplée de vieillards lépreux amateurs de jolies jeunes filles droguées).

« Avec son ambiance Triomphe de la volonté très premier degré, très assumée, très malsaine, 300 ressemble à une sorte de Starship troopers dont on aurait ôté toute l'ironie »2 nous dit Jean-Philippe Tessé. Plus que cela peut-être, il prouve l’échec de Starship troopers et va plus loin dans le cynisme et la critique de la violence.1

 

La violence étant l’unique forme d’expression et de communication concrète qui (ré)unit les peuples : le film, fondamentalement sceptique et pessimiste ne mise alors surtout que sur un déchaînement de violence. Les microcosmes se combattent tous, qu’ils soient institutionnels ou militaires, la seule vision globale du monde est celle d’un monde qui a déjà sombré dans le chaos. 300 n’est plus un avertissement, il se veut un constat.

 

Daniel Dos Santos

 

1. « Le film est si violent et sanglant qu'il a même été critiqué par les Américains. » dira la presse iranienne, qui doit avoir une définition de propagande bien différente de la nôtre.

 

2. http://www.chronicart.com/cine/cine_ensalles.php3?id=10395

 

 

 

 

 Réalisation

Zack Snyder

 

 Interprétation

Gerard Butler

Lena Headey

 

 Origine

Etats-Unis

 

 date de sortie

21 mars 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

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