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Interview : Diane Fleri
Poursuivant notre tour d’horizon du cinéma italien, nous avons interrogé la jeune comédienne Diane Fleri, qui tient l’un des rôles principaux de Mon frère est fils unique, le dernier film de Daniele Luchetti (sorti le 12 septembre). Résumé de notre conversation téléphonique, de Paris à Rome.
Mon frère est fils unique est un de tes premiers rôles pour le cinéma. Peux-tu nous parler de ton parcours et de ta formation d’actrice ? Ma mère est française, je suis née en Bretagne. Mon père est diplomate. J’ai vécu huit ans en Israël, trois ans à Malte, puis je suis venue en Italie. Je me sens moitié française moitié italienne… C’est pourquoi je voudrais travailler dans les deux pays, la France et l’Italie. Il y a deux ans, j’étais en France où j’ai passé une année à Paris pour faire ma troisième année d’art dramatique au cours Florent. Avant de partir, j’avais déjà fait à Rome du théâtre dans des écoles, j’avais tourné des petites choses à la télévision, et j’avais eu un rôle dans un film qui s’appelle Comme toi… Je suis partie en France en lâchant pendant une année mes études de sciences politiques, en pensant que c’est à Paris que je commencerais à travailler… mais là, on m’a rappelée depuis l’Italie pour faire le casting de Mon frère est fils unique. J’ai fait quatre fois l’aller-retour pour faire les castings, et enfin j’ai été prise. Je dois dire que le dernier casting a déjà été comme une répétition. On était sur un plateau, avec les costumes, le caméraman, et avec les acteurs déjà choisis pour les autres rôles, Elio Germano et Riccardo Scamarcio.
Justement, as-tu travaillé de la même façon avec Elio Germano et avec Riccardo Scamarcio, qui est devenu une grand star en Italie depuis quelques années ? Ce qui est drôle, c’est que quand on tournait, il y avait toujours une cinquantaine de filles qui nous suivaient, pour apercevoir Scamarcio !… Ce qui est sûr, c’est qu’en temps qu’acteurs ils ont des comportements très différents. En même temps, chaque acteur suit sa ligne et travaille différemment de l’autre. Elio Germano est plus un acteur de travail, qui a fait pour ce film une étude sur les années 60/70… Par contre Scamarcio a une présence plus physique, il travaille plus sur la présence, le regard. Mais il suit le texte au mot près, tandis qu’Elio Germano ne suit pas le texte : il modifie les phrases, te répond autre chose que ce qui était prévu dans le scénario, d’une prise à l’autre… Ca te déstabilise un peu, ça te surprend et t’oblige à être inventif. En même temps, ce travail dépend aussi des personnages que tu interprètes. Il y avait un travail plus long, plus pudique, autour des dialogues, entre mon personnage et celui de Germano, tandis que c’était plutôt le langage du corps et de l’amour avec le personnage de Scamarcio.
A propos de Scamarcio, un des grands succès cette année en Italie était sa comédie romantique Ho voglia di te. J’avais interviewé à Cannes l’actrice Jasmine Trinca, qui expliquait qu’en Italie, à côté des films à gros budget comme celui-ci, il était difficile de faire des films d’auteur plus exigeants. Partages-tu ce point de vue ? Oui. On fait beaucoup moins de films en Italie qu’en France, parce qu’il y a moins d’argent pour produire. Du coup, on met beaucoup d’argent dans des films dont on sait qu’ils vont marcher, et il y a moins d’argent pour les jeunes réalisateurs, pour les films d’auteur, pour ceux qu’on ne connaît pas et sur lesquels on a peur de miser.
Quel accueil le public italien a-t-il réservé à Mon frère est fils unique ? Le film a eu un grand succès. Récemment, pour l’opération Nuit Blanche, il a encore été montré dans différentes salles, dans les universités… Et maintenant ils l’ont même ressorti dans les cinémas. D’ailleurs, dans votre article sur le film, vous disiez que le film ne fait pas beaucoup rire. En fait, en Italie, une des raisons pour lesquelles il a très bien marché, c’est que, s’il raconte bien sûr une partie de notre histoire, avec une certaine puissance dramatique, il fait aussi vraiment rire. C’est peut-être lié à la culture romaine, et à la langue italienne.
Y a-t-il des réalisateurs italiens avec qui, en tant que jeune actrice, tu voudrais travailler ? Il y a Emmanuele Crialese, qui a tourné Respiro et Golden Door. Il y a dans ses films une poésie assez épatante, j’adorerais travailler avec lui. Il y a aussi Giuseppe Tornatore, dont j’ai beaucoup aimé La Sconosciuta.
…et qu’en est-il de tes projets ? Depuis Mon frère est fils unique, du coup, je suis restée à Rome. Maintenant, je travaille dans une mini-fiction pour la télévision, qui s’appelle Les lycéens. J’y joue la remplaçante d’un professeur de français. Ça me plaît parce que c’est fait sur le ton et le rythme de la comédie, donc je peux tenter de nouvelles choses.
Propos recueillis le 09/09/2007 par Mikael Gaudin Lech
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Diane Fleri
Interview réalisé à l'occasion de la sortie française du film Mon frère est fils unique
voir notre article sur ce film
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