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Ratatouille
Jusqu’ici, Pixar s’était placé dans une logique communautaire. Chaque film des studios s’attachait à une espèce particulière (jouets, poissons, monstres, super-héros, voitures…) qu’ils ne cherchaient qu’à définir, s’opposant presque systématiquement à une autre espèce, les humains. Chaque film exposait toutes les caractéristiques de l’espèce annoncée, les variantes esthétiques, plus rarement les variantes comportementales, dans une logique quasi-scientifique. Au final, ils semblaient, prenant l’épouvantable Cars pour modèle, prôner la douce banlieue américaine et ses rêveries congénitales. Cars ayant même expulsé l’espèce humaine pour régner sur un monde conservateur : le monde idéal serait-il un monde où chacun ressemble à tout le monde ? Le premier point fort de Ratatouille vient du fait que chaque « espèce » (rat / humain cuisinier) y est définie à travers un personnage qui s’en exclut. Le film expose non seulement une différence entre les espèces (confrontation entre groupes), mais à l’intérieur d’entre elles (confrontation entre un individu et un groupe). On définit donc avec Ratatouille un monde plus complexe, évoqué de façon simpliste, plutôt qu’un monde simpliste, évoqué de façon complexe. Sur ce point, le film est donc le film le plus honnête de Pixar. Ensuite, la véritable réussite du film, vient du personnage de Remy, rat amateur de bonne cuisine qui échoue à faire de son histoire un modèle de réussite. Si le réalisateur Brad Bird (connu pour avoir travailler de nombreuses années sur la série Les Simpson) décrit son personnage comme un rat ayant le rêve fou de devenir un grand chef, la réalité est bien différente et l’échec complet de monsieur Bird bénéfique. Sans prétention culinaire, Remy est juste un rat gourmand atterrissant par hasard dans la cuisine d’un grand restaurant, y découvrant l’étendue de son talent pour la cuisine. La conquête de la réussite est remplacée par un opportunisme timide. Mais c’est surtout grâce à ses caractéristiques physiques que Remy porte le film et fait finalement naître un certain attachement. D’abord parce qu’il développe un comique de l’absurde. La différence de taille entre Remy et le monde qui l’entoure provoque de multiples astuces pour que chaque action de Remy puisse atteindre l’objectif fixé. Le rat étant lui-même souvent filmé en gros plan, favorisant cette absurdité. Enfin, parce qu’il possède une caractéristique qui lui confère une formidable humanité : des poils. Lorsque les humains ne sont que des surfaces plastiques et artificielles dans des univers que la technologie sait maintenant rendre réaliste. Remy, vulgaire rat, gagne une formidable sympathie grâce à ses poils, leur texture (qui a considérablement évoluée depuis Monster Inc.) leurs mouvements, leur évolution (du mouillé au grillé). Remy est l’être vivant, sensible, la créature fragile au sein d’un monde vide, plein de pantins artificiels et parfois dangereux dans leur folie : les hommes.
Daniel Dos Santos
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Réalisation Brad Bird
Interprétation Patton Oswalt Lou Romano Peter O'Toole
Origine Etats-Unis
date de sortie 1 août 2007
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