Mary – Abel Ferrara

Mary – Abel Ferrara

Liquidons un malentendu : il n’est pas question de foi, mais de sentiment religieux, ce qu’E. M. Cioran appelle « la vibration intérieure » qui « indépendante de quelque croyance que ce soit, vous projette en Dieu et quelquefois au-dessus. ». C’est dire si le film te touchera par-delà tes convictions personnelles, cher spectateur. Mary nous rappelle que le propre d’un artiste n’est pas de nous livrer une vision du monde – c’est le travers de nombre de réalisateurs qui confondent art et opinion, suivis en cela par nombre de critiques – mais bien une totale reconfiguration du réel qui procède par grands bouleversements des perceptions et des connaissances.

Ariane – Billy Wilder

Ariane – Billy Wilder

Le cinéma hollywoodien classique est un cinéma de la réification. Loin d’être un reproche en soi, cette idée ferait plutôt deux compliments primordiaux au film de Billy Wilder de 1957, Ariane. Le premier, elle permet, une fois n’est pas coutume, de délivrer « les vieux films » de leur subordination par la critique à leur contexte historique. Soit particulièrement ce qui rend ces vieux films plus « vieux » que « films ». Deuxièmement, elle libère Ariane de ses simples prouesses et inventions techniques (par ailleurs épatantes) qui une fois de plus font perdre son actualité au film au nom d’un rapport d’opposition cinéma classique / cinéma contemporain qu’il va nous falloir désormais mettre de côté.