Retour vers le futur – Robert Zemeckis

Retour vers le futur – Robert Zemeckis

Des débuts du cinéma jusqu’au début des années 80, les voyages dans le temps sont rares, les histoires extraordinaires s’approprient l’espace et les corps en mutation : des contrées d’un lointain lointain futur, aux créatures de célestes univers, en passant par les expériences anatomistes de scientifiques fous – bodysnatcher nous voilà – jusqu’aux bodybuldés super-héros, la dimension temporelle ne dispose pas des pleins pouvoirs. Une adaptation de La Machine à voyager dans le temps en 1960, puis, le très beau Marker, La Jetée (1962) feront exception, mais dans la masse, le temps au cinéma est encore à explorer.

Zodiac – David Fincher

Zodiac – David Fincher

Le Zodiac est un tueur en série qui sévit à San Francisco dans les années 70, et inspira notamment le Scorpio de Dirty Harry. Récit de la traque du tueur, Zodiac appartient a priori au genre bien défini du film policier. Deux précieuses ressources scénaristiques et rythmiques font cependant du film un projet autrement passionnant : la première est l’étirement, sur plusieurs décennies, d’une enquête qui n’aboutira jamais totalement. La seconde, qui a aussi avoir avec le temps, est la démultiplication des enquêtes, à la fois par le nombre d’enquêteurs, la diversité de leurs motivations et de leurs ressources, et les moments de leur implication.

Mary – Abel Ferrara

Mary – Abel Ferrara

Liquidons un malentendu : il n’est pas question de foi, mais de sentiment religieux, ce qu’E. M. Cioran appelle « la vibration intérieure » qui « indépendante de quelque croyance que ce soit, vous projette en Dieu et quelquefois au-dessus. ». C’est dire si le film te touchera par-delà tes convictions personnelles, cher spectateur. Mary nous rappelle que le propre d’un artiste n’est pas de nous livrer une vision du monde – c’est le travers de nombre de réalisateurs qui confondent art et opinion, suivis en cela par nombre de critiques – mais bien une totale reconfiguration du réel qui procède par grands bouleversements des perceptions et des connaissances.

Ariane – Billy Wilder

Ariane – Billy Wilder

Le cinéma hollywoodien classique est un cinéma de la réification. Loin d’être un reproche en soi, cette idée ferait plutôt deux compliments primordiaux au film de Billy Wilder de 1957, Ariane. Le premier, elle permet, une fois n’est pas coutume, de délivrer « les vieux films » de leur subordination par la critique à leur contexte historique. Soit particulièrement ce qui rend ces vieux films plus « vieux » que « films ». Deuxièmement, elle libère Ariane de ses simples prouesses et inventions techniques (par ailleurs épatantes) qui une fois de plus font perdre son actualité au film au nom d’un rapport d’opposition cinéma classique / cinéma contemporain qu’il va nous falloir désormais mettre de côté.