EDITORIAL – Stardust Memories # 24
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Editorial
Les Cahiers du cinéma de décembre nous auront gratifiés d’une table ronde sur la critique (comment nous la pensons, comment nous la faisons, comment nous nous interrogeons) qui dit assez bien où ils en sont arrivés : somme désincarnée et désespérante d’embarras et de fausses questions, l’article est édifiant. Nous ne prétendons pas donner de leçon à quiconque. Mais s’il est une chose dont nous sommes à peu près certains, c’est qu’on ne sert la critique qu’en la faisant meilleure. Il n’y a pas de bonnes manières critiques, si ce n’est d’essayer avec sincérité de confronter par écrit la vision d’un film et son intelligence (que nous refusons de scinder en « émotion » ou « sensibilité » d’une part et « pensée conceptuelle » d’autre part, car cela n’est tout simplement pas la réalité de notre expérience, humaine et cinématographique) : tout dépend donc du film et de celui qui le regarde, et, disons, de la charge produite par leur rencontre. Cette combinaison induit tout simplement une infinité de regards possibles, dont tous ne sont bien sûr pas équivalents, et au-delà de textes possibles, car la charge ne trouve pas nécessairement à se dépenser sans obstacles. Ceci justifie en soi l’écriture critique : s’il est des intelligences qui ne se sentent jamais insultées, s’il en est d’endormies, de paresseuses, de perverses, il en est qui rayonnent et nous enrichissent durablement. Une bonne critique délivre des accès, au moins l’ombre d’une brèche où démultiplier notre vision d’une œuvre. Idéalement, comme œuvre de l’intelligence, elle nourrit même celui qui n’aura pas eu connaissance de l’œuvre. Mieux, elle suscite un appétit.
Amis qui ployez sous l’illusoire perpétuation d’un héritage divers et contradictoire, la critique peut prendre bien des chemins, et chacun peut s’essayer à en emprunter de nouveaux – on ne les trouve qu’en s’y engageant. So pick up a guitar, and sing.
Florence Maillard






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