![]() |
|
|
|
|
Mes hommages Monsieur De Palma vu par Mikaël Gaudin-Lech |
|
|
|
|
|
« Le cinéma de calcul est mort », annonçait Rafi Pitts dans un entretien donné à notre rédaction1. Pas encore en fait, tant que Brian De Palma, son plus parfait artisan, tournera des films. De Palma, cinéaste des années 70 bien sûr, cinéaste des années 80 c'est évident, cinéaste des années 90 plus que jamais, cinéaste des années 2000 vrai aussi. Quelle longévité! par-delà les coups d'éclat (Scarface, les Incorruptibles, Mission: impossible, Le Dahlia noir), les réussites plastiques (ses thrillers des années 80), les bouderies du public (L'Esprit de Caïn, Le Bûcher des vanités, Mission to mars, Femme fatale), De Palma dure. Filmeur des fluides, des fuites et des chutes, De Palma travaille l'action dans la dilatation (et non dans la fragmentation, cf.Argento par exemple). La scène du musée dans Pulsions, la fête de fin d'année de Carrie, la mort de Nancy Allen dans Blow Out, la chute du landeau des Incorruptibles, la poursuite dans le métro de L'Impasse, tout Snake Eyes, la scène du Pentagone dans Mission: impossible, le vol du bijou dans Femme fatale, la mort de Tim Robbins dans Mission to mars... Mouvements définitifs. Cinéaste de la circulation2. Circulation du plan, circulation dans le plan. On parle toujours de la forme, du dispositif. Et puis?... La femme, jamais maman toujours putain, d'Amy Irving à Scarlett Johansson. Le double et le miroir, des Soeurs de sang aux amitiés perverses, Nick Cage-Gary Sinise dans Snake Eyes, Al Pacino-Sean Penn dans L'Impasse. Lui qui devint cinéaste pour égaler son frère Bruce. Personnages marginaux: policier, espion, voleur, mafieux, cinéaste, cosmonaute, archéologue. La violence: lien fondamental qui unit tous les hommes. L'ironie: elle le distingue de ses camarades nouvelhollywoodiens. Quel avenir pour DePalma? Son Dahlia noir, où tout était a priori trop parfait pour que le film soit bon, est franchement raté, ballet mécanique de pantins en costumes, lâchés dans la photographie vaporeuse de Zsigmond et les décors tout en volutes, chinoiseries, détours, de Ferretti. Chromo ricanant, hideux. Limites critiques d'un pur esthète? Révélation terminale d'une technique sans âme? De Palma est-il un imposteur? MGL
1. Stardust Memories n°11, juillet-août 2006. 2. Se rappeler Armide de Godard vu cet été à Beaubourg, hommage évident au cinéaste américain.
|
|
|
|
Stardust Memories © 2005-2006 |