Critiques


 

Mary – Abel Ferrara

Mary – Abel Ferrara

Liquidons un malentendu : il n’est pas question de foi, mais de sentiment religieux, ce qu’E. M. Cioran appelle « la vibration intérieure » qui « indépendante de quelque croyance que ce soit, vous projette en Dieu et quelquefois au-dessus. ». C’est dire si le film te touchera par-delà tes convictions personnelles, cher spectateur. Mary nous rappelle que le propre d’un artiste n’est pas de nous livrer une vision du monde – c’est le travers de nombre de réalisateurs qui confondent art et opinion, suivis en cela par nombre de critiques – mais bien une totale reconfiguration du réel qui procède par grands bouleversements des perceptions et des connaissances.

Ariane – Billy Wilder

Ariane – Billy Wilder

Le cinéma hollywoodien classique est un cinéma de la réification. Loin d’être un reproche en soi, cette idée ferait plutôt deux compliments primordiaux au film de Billy Wilder de 1957, Ariane. Le premier, elle permet, une fois n’est pas coutume, de délivrer « les vieux films » de leur subordination par la critique à leur contexte historique. Soit particulièrement ce qui rend ces vieux films plus « vieux » que « films ». Deuxièmement, elle libère Ariane de ses simples prouesses et inventions techniques (par ailleurs épatantes) qui une fois de plus font perdre son actualité au film au nom d’un rapport d’opposition cinéma classique / cinéma contemporain qu’il va nous falloir désormais mettre de côté.

Analyses


 

Penser avec Philip K. Dick

Penser avec Philip K. Dick

Philip K. Dick est assurément l’écrivain de science-fiction le plus célèbre et le plus important. Mais il représente aussi une étape cruciale dans l’évolution du cinéma de science-fiction en général, alors qu’il continue encore régulièrement d’inspirer le cinéma américain.

Monte Hellman – Le portrait de l’artiste en conducteur

Monte Hellman – Le portrait de l’artiste en conducteur

Parler des films de Monte Hellman, aujourd’hui, reste une épreuve, particulièrement pour un critique français. Il est vrai que le succès parisien de The Shooting et de Ride In The Whirlwind a beaucoup aidé la production de Two-Lane Blacktop (Macadam à deux voies), et que son auteur doit beaucoup à quelques auteurs européens, naturels ou d’adoption (Sartre, Rivette, Bresson, Beckett, Camus)…

Crash ! – J.G. Ballard

Crash ! – J.G. Ballard

Dimanche 19 avril 2009, l’écrivain J.G. Ballard, âgé de 78 ans, décédait d’un cancer de la prostate. Quelques semaines auparavant, nous lui rendions déjà hommage en reconstituant une préface morcelée et jamais éditée dans son intégralité, celle de son plus fameux roman : Crash !

Cette préface écrite par J.G. Ballard pour son roman Crash ! s’appuie sur deux sources : l’édition française du roman en poche dans la collection « Folio » et la retranscription partielle qu’en a fait Le Magazine Littéraire dans son numéro consacré à la science-fiction (n°88) datant de mai 1974 à partir de la première édition française, chez Calmann-Levy. Chacune de ces sources semblant incomplète, le texte intégral de Ballard reste inaccessible. C’est pourquoi, il nous est venu le désir d’offrir la version la plus complète possible de ce texte, et ainsi d’en offrir une version unique.

Entretiens


 

David Lloyd – Entretien

David Lloyd – Entretien

C’est l’histoire d’un jeune homme marchant sur le bord d’une plage à l’aube. Il voit devant lui un homme plus âgé jetant les étoiles de mer sur la plage dans l’océan. Le vieil homme explique que si les étoiles de mer sont toujours sur le sable quand le soleil sera levé, elle mourront et que donc il les jette dans la mer pour les sauver. Le jeune homme regarde la vaste plage qui s’étend devant lui qui est couverte d’étoiles de mer dans toutes les directions et dit : « Il y en a tellement et le soleil est presque levé. Vous n’aurez plus le temps d’en sauver que quelques-unes. Vous croyez vraiment que ce que vous faîtes change quelque chose ? ». Le vieil homme répond, regardant l’étoile de mer qu’il tient dans sa main : « Je suppose que cela changera quelque chose pour celle-ci n’est-ce pas ? »