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Articles avec les mots-clés: cannes 2009

Cinéma, DVD/video »

[ | 1 déc 2010 | No Comment | ]
ENTER THE VOID – Gaspar Noé

L’emphase est-il débauche ? Ce n’est peut-être pas la question la plus importante que l’on doit se poser concernant ENTER THE VOID mais assurément la première. Que le film soit emphatique et cohérent est effrayant, mais principalement pour des raisons idéologiques. Face au film, nombreux spectateurs (à Cannes notamment) ne se posèrent pas la question : « puis-je accepter un tel film ? » mais « est-ce que je rejoins la conception du monde (donc du cinéma) d’un tel film ? » Comme si d’emblé, le film était fortement idéologique et qu’une telle vision du monde, trop forte, trop volontaire, était immorale.
Cet « hymne à la modération » de la mauvaise critique du film, reste tout de même inquiétante. Prenez Beethoven, Mascagni, Tchaikovsky ou pire Khachaturian. On ne les entendrait pas dans une telle logique.
ENTER THE VOID ne prône rien, ne vend rien, il est, tout simplement. Mais être ENTER THE VOID, c’est aussi être un des plus grand chef-d’oeuvre de l’histoire du cinéma; si contestable aujourd’hui (ce qui est terrible) et donc probablement incontesté demain (ce qui est encore pire).

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[ | 28 mai 2010 | 4 Comments | ]
ENTER THE VOID – Gaspar Noé (2)

Et soudain… le vide. On n’aurait pas pu rêver mieux comme titre, tant il reflète le contenu du dernier film de Gaspar Noé, qui s’attaque cette fois à l’espace inexploré entre la vie et la mort. Enter the Void est une sorte d’ovni de cinéma, un trip psychédélique au point de vue subjectif et omniscient, qui tout à la fois surprend, choque, fascine, mais –ce qui est bien dommage- dont le discours simpliste irrite aussi.

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[ | 18 avr 2010 | No Comment | ]
Nuits d’Ivresse printanière – Lou Ye

A Nankin, vagabondages et tromperies : la femme de Wang Ping le fait suivre par Luo Haito, dont la compagne Li Jing connaît une aventure avec son patron M Ming. Luo découvre vite que Wang Ping entretient une relation homosexuelle avec Jiang Cheng, et finit lui aussi par tomber sous le charme du séducteur. Jiang Cheng oublie alors Wang Ping, fuyant les complications provoquées par la femme de ce dernier, et forme un étrange trio amoureux avec Luo Haito et Li Jing.

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[ | 12 fév 2010 | No Comment | ]

I love you Phillip Morris, qui conte l’histoire d’amour fou entre un menteur invétéré et un jeune perdreau naïf, à l’arrivée n’est ni une rigoureuse fiction du mensonge, ni vraiment une simple love story. C’est quelque chose comme la ruine de ces deux éléments, adossés l’un à l’autre dans une étreinte presque toxique. La piste la plus anecdotique, celle du film de prison, est peut-être  aussi, insidieusement, la plus terrible : « I love you Phillip Morris », déclaration brûlante, se double bien vite d’une assertion fermement carcérale.
S’il y a un thème essentiel et passionnant …

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[ | 2 fév 2010 | 2 Comments | ]

Jane Campion s’attaque ici à l’Amour. Après La leçon de piano (The Piano, 1993), ou même In the Cut (2003), il s’agit ici d’amour romantique, dont la figure principale est le personnage le plus à même de remplir cette fonction de l’amant du XIXe : le poète, et l’un des plus fameux d’entre eux. Le film rend hommage à un amour passionnel et condamné d’avance, tout comme à la poésie de John Keats, dont les fragments de poèmes sont cités fréquemment et bien à propos. Jane Campion ose s’attaquer à un sujet délicat puisque difficile à traiter au premier degré sans verser dans le sentimentalisme débordant.

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[ | 7 jan 2010 | One Comment | ]
Tetro – Francis Ford Coppola

Bennie, sur le point d’avoir dix-huit ans, débarque chez son frère aîné, Tetro, qu’il n’a pas vu depuis des années. Tetro vit désormais en Argentine, avec sa nouvelle compagne, Miranda. Il ne veut plus entendre parler de son passé et surtout pas de son père, illustre chef d’orchestre vivant aux Etats-Unis. Petit à petit Bennie prend une part de plus en plus active dans le quotidien et l’existence de son frère, et le force à affronter un passé qu’il n’a eu de cesse de fuir.
Tetro est un de ces gros …

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[ | 22 déc 2009 | No Comment | ]

Que penser de « Vincere, ou le tragique destin de la
maîtresse cachée de Mussolini » ?

C’est la brève description que l’on rencontre un peu partout. Sans en savoir vraiment davantage, mis à part que Bellocchio est un réalisateur d’un certain âge, reconnu, on pourrait croire qu’un tel film chercherait à mêler histoire et glamour, en rendant plus humain Mussolini le dictateur par le récit de son histoire personnelle et sentimentale.

En réalité ce n’est pas du tout de cela qu’il s’agit. Certes, Mussolini est bien présent et puissamment incarné, en tout cas pendant la …

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[ | 22 déc 2009 | No Comment | ]

Tarantino is back

Il faut l’avouer, Death Proof, précédent opus de Tarantino nous avait grandement déçu. Trop lent, trop décousu, trop répétitif, trop peu d’idées, trop peu de substance. C’est aujourd’hui oublié avec ce 7ème film, sobre et déterminé, poétique et drôle, imaginatif et triste. Inglourious basterds.

L’énergie de Tarantino, ce n’est pas celle d’une violence burlesque, explosive et inattendue, c’est celle d’une endurance dramatique assez peu commune. Chaque scène se déplie très lentement pour faire grandir une tension qui sera relâchée au moment exact où elle lorgne vers l’ennui. Peu de cinéastes savent jouer sur le temps comme Tarantino en joue dans Inglorious basterds, peut-être qu’il n’y en a qu’un seul finalement, celui qui hante le film de Tarantino dès la première scène (et surtout pour celle-ci), soit Sergio Léone.

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[ | 19 déc 2009 | No Comment | ]

Des ballons attachés à sa maison, Carl Fredricksen s’envole à l’aventure. Une histoire de promesse à tenir.
Le nouveau Pixar, qui a fait l’ouverture du dernier festival de Cannes, aura l’avantage de partir d’un principe extrêmement poétique…

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[ | 11 nov 2009 | No Comment | ]

Elles poussent au milieu de la pierre ou dans le goudron, c’est-à-dire là où elles ne devraient pas. A l’image de ces herbes folles, les personnages du film d’Alain Resnais font ce qui ne doit pas se faire et disent ce qui n’a pas lieu d’être dit.
« Quand je serais un chat, j’aurais le droit de manger des croquettes ? », conclu le cinéaste qui en dépit de ces 87 ans se représente dans cet épilogue sous le jour d’une fillette malicieuse et fait de cette phrase la signature d’un film époustouflant d’audace, …

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[ | 10 nov 2009 | No Comment | ]

Retour dans l’âge ingrat
Cette année (comme tous les ans), « la Quinzaine des réalisateurs » a révélé de bien bonnes surprises, notamment  « les Beaux Gosses » premier film très réussi du dessinateur de BD Riad Sattouf. A commencer par l’affiche, pour ceux ou celles qui l’ont ratée, enchanteresse: sous le titre écrit en gras l’expression prodigieusement ahurie de deux adolescents au physique comment dire… peu engageant, contemplant on ne sait quoi d’inaccessible à nos yeux, mais (on le devine) de suffisamment  fulgurant  pour les figer ainsi, dans la dépossession hébétée, la non maitrise …

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[ | 17 oct 2009 | No Comment | ]

Ribambelle funeste
Le ruban blanc, c’est le signe de la pureté et de l’innocence des enfants. Noués par les parents dans les cheveux des petites filles ou aux bras des garçons, le bandeau de tissu devait être une piqûre de rappel de bonne conduite pour les rejetons de ce petit village de l’Allemagne du Nord protestante. A la veille de la première guerre mondiale, les familles du baron, du régisseur, du pasteur, du médecin et des paysans de cette contrée reculée vont connaître de mystérieux tourments, dans lesquels le rôle des …

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[ | 16 oct 2009 | No Comment | ]

Retrouvailles

Alain Cavalier, c’est quelqu’un de discret. Il est là, dans son coin, avec sa petite caméra vidéo. Il n’embête personne et ne cherche même pas à s’imposer comme cinéaste, c’est dire. Alain Cavalier est un filmeur, puisque c’est ainsi qu’il se présente. Reste à savoir ce qu’il filme et pourquoi.

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[ | 9 oct 2009 | No Comment | ]

Second life
Ken Loach fait-il désormais de l’esprit avec un ballon rond ? Que lui est-il arrivé pour prétendre viser des sourires sur les maximes franco-anglaises d’un rabatteur de crampon ? Pourquoi, après avoir si bien défriché nos impasses politiques, sociales et religieuses à travers des films âpres et sans concession, lâche-t-il la réalité du collectif au profit d’un leader imaginaire ? Au pire ou au mieux, le scénario de Looking for Eric met-il en valeur une idée retorse et originale : la psychose hallucinatoire n’est pas un mal où l’on s’enfonce mais le chemin …

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[ | 22 août 2009 | No Comment | ]

La Grâce de l’inconfort

Avec le stéthoscope d’un Parker, le scalpel moins esthétisant qu’un Cronenberg, Audiard ausculte à la manière d’un Loach. Au bloc opératoire de cette virée carcérale : un estropié au sang neuf, Tahar Rahim, dont l’interprétation revêche et audacieuse donne raison à la méthode Audiard : celle de l’expérimentation.

Attention, expérimenter n’est pas faire de l’expérimental. Audiard a assez malaxé son matériau, torturer sa pate et doper le scénario pour savoir où il va. Son prophète n’abuse pas d’esthétisme rentre-dedans où la narration s’éclipse au profit d’une abstraction de formes. Au contraire, à partir d’une narration suffisamment travaillée (trois ans d’écriture), du personnage qu’elle engage, le cinéaste fait preuve d’un panache si rare dans notre cinéma national : celui de l’inconfort.