Home » Cinéma, Médias

TOP 10 – Les années 2000

4 février 2010 No Comment

Image2

Nos listes :

Daniel Dos Santos

Arnaud Hallet

Alyosha Saari

Florence Valero

Serge Kaganski, rédacteur en chef de la section cinéma de l’hebdomadaire Les Inrockuptibles, tentait encore il y a peu d’entretenir une de ses obsession (la guerre Cahiers du cinéma /Positif qui a eu lieu il y a presque 60 ans mais qui selon lui est toujours pertinente) en mettant en avant les qualités « modernes » des Cahiers du cinéma. Le respecté magazine américain Film comment a érigé (grâce à l’aide d’une centaine de critiques, théoriciens et cinéastes à travers le monde) une liste des 100 meilleurs films de la décennie passée et en haut de celle-ci se trouve de nombreuses similarités avec les listes des Cahiers, ainsi que celle des Inrockuptibles (au détriment bien sûr de Positif).

Outre la mauvaise foi de l’entreprise (beaucoup de rédacteurs des Cahiers ont voté pour la liste de Film comment, et Serge Kaganski aussi), c’est un symptôme qui est ici mis à nu.

Les films les plus marquants de l’années ne sont pas nos films préférés ! Il y a une distanciation perverse qui entre en jeux dans ce processus. L’idée même de consensus invalide l’idée qu’une liste peut représenté les films les plus marquants. Pire que ça, lorsqu’à travers les âges, certains consensus artistiques se sont créés naturellement, c’est souvent qu’en dehors un noyau d’œuvres populairement incontestées (au moins chez les critiques et autres « éditeurs de listes »), l’art était totalement moribond. Pour le dire autrement : que les 10 meilleurs films des années 90 soient incontestables contrairement aux 10 meilleurs des années 2000, alors les 100 meilleurs films des années 90 sont moins bons que les 100 meilleurs films des années 2000. Mon premier point est établi : sans surprise, ne peut triompher que le conformisme, qui est tout sauf humain (et donc, encore moins honnête).

Mais vient en second lieu une simple vérité : pour les cinéastes, les films qui les inspireront le plus ne sont pas ceux qu’ils reconnaissent objectivement être ceux qui ont le plus marqué la décennie passée. Dans les Cahiers du cinéma, le cinéaste Sinji Aoyama avouait lui-même que sa liste n’a rien à voir avec ses préférences. Pourquoi en arriver à ça ? Soit les critiques et cinéastes n’ont pas le courage de leurs ambitions, soit, ils n’ont pas plus d’ambition que de courage.

Non, les films les plus importants de la décennie passée sont ceux-là même qui trahissent plus la personnalité de l’individu unique qui les a choisi plutôt que l’éventail des possibilités esthétiques, narratives et politiques du cinéma d’une décennie. Si les listes concordent ou se rejoignent, c’est qu’elles sont fausses.

Tout ceci justifie pour nous l’idée de ne pas dresser de « liste générale » ou de « liste de rédaction » ou quoi qu’on puisse nommer ces camps de concentration de films. Nous privilégierons l’individualité. Tous nos tops sont très différents et ne reflètent que la personnalité de celui ou celle qui l’a dressé. Chacun d’eux ne transmets, en fin de compte, qu’une idée très restreinte du cinéma de la dernière décennie. Mais cette idée a la pureté du cristal.

Daniel Dos Santos

..


Leave your response!

Add your comment below, or trackback from your own site. You can also subscribe to these comments via RSS.

Be nice. Keep it clean. Stay on topic. No spam.

You can use these tags:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

This is a Gravatar-enabled weblog. To get your own globally-recognized-avatar, please register at Gravatar.