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Une vieille maîtresse

 


 

Ode au terne

 

Quelqu’un (Fabien Baumann) a remarqué les cernes des acteurs, son article s’appelle « Ode aux cernes », et c’est peut-être le seul éloge qu’on puisse faire à Catherine Breillat : son film est fatigué, mou, à bout de souffle. L’acteur principal est très beau et « bien fait », mais il n’a aucun charisme, aucun corps. Sa voix n’est ni chaleureuse, ni désagréable. On aimerait se raccrocher à quelque chose, le jeune homme est lisse et reste tel. Les scènes d’amour en deviennent des séances de mime, des gesticulations de façade. Certes le film est parfois drôle, avec multiples clins d’oeil – mention à la scène de chant avec Lio et au personnage de Claude Sarraute –, mais la simple apparition d’Amira Casar, rayonnante, montre à quel point, on a peine à le dire, le film manque de corps. Catherine Breillat montrait le sexe, ses répercussions, ses douleurs, de manière plus ou moins baroque (Anatomie de l’enfer) ou plus ou moins froide (Romance), mais il restait toujours quelque chose d’un combat, d’un refus de plier. Ce quelque chose tenait à l’actrice principale, c’est elle qui portait le film : elle était sublime, au contraire de la plupart de ses acolytes masculins, mous, falots, à terre. Asia Argento est bien (charnelle, elle habite son costume), Roxanne Mesquida possède une force dans le regard, ces deux qualités manquent cruellement au héros, et lorsque le centre est mou, on passe l’arme à gauche. On nous accusera peut-être d’enfoncer des portes ouvertes si l’on dit que Breillat dans ses films n’aime pas les hommes, mais ici ce n’aime pas ne tient plus de la haine, mais de la simple tendresse teintée de mépris. Il y a peu de temps des affiches « N’ayez pas peur » étaient dispersées dans toute la ville, puis l’on s’était rendu compte que c’était un spectacle de Robert Hossein sur Jean-Paul II. Baudelaire disait de Laclos : « ce livre ne peut brûler qu’à la manière de la glace ». Catherine Breillat a dit (Positif) : « Je n’ai pas voulu effrayer les spectateurs, il faut que le film puisse passer à 20h30 ». C’est bien dommage.

 

Arnaud Simon & Pierre Eugène

(merci à François Jardin)

  

 

 

 Réalisation

Catherine Breillat

 

 Interprétation

Asia Argento

Fu'ad Ait Aattou

Michael Lonsdale

 

 Origine

France

 

 date de sortie

30 mai 2007

  

 

 

 

 

 

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