Home » Cinéma, DVD/video

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu – Woody Allen

10 octobre 2010 No Comment

<h1><img class= »alignnone size-full wp-image-3148″ title= »talldarkstranger1″ src= »http://www.stardust-memories.com/wp-content/uploads/2010/10/talldarkstranger1.jpg » alt= »" width= »585″ height= »263″ /></h1>
<h1>Woody et ses ombres</h1>
<p style= »text-align: justify; »>Détaché – mais pas dans le sens de négligent – tel apparaît Woody Allen avec un film à la consistance d’une ombre : une espérance qui passe, un souffle de fiction que l’on nous sert pour un temps, auquel on n’a pas le temps de s’attacher.</p>
<p style= »text-align: justify; »>Détaché, parce-que Woody Allen n’a jamais été aussi conscient de ses propres limites : personnages, intrigues, plans, tout fluctue et s’abîme dans ce petit vent final qui accompagne le baiser timide d’Helena et de son nouvel amant. Résigné. Woody Allen, définitivement résigné à ne pas davantage esquinter ses personnages, à laisser décider le hasard. Il n’est simplement pas besoin de suivre au ralenti une balle sur un court de tennis, de la voir lentement pencher du bon ou du mauvais côté du filet, de saisir sa chance comme de la laisser s’échapper, puis de mettre fin à la partie avec l’implacabilité de l’arbitre ; le personnage s’en sort, ou pas.</p>
<p style= »text-align: justify; »>Ici, il est encore question de providence mais au-delà de sa dualité réussir/échouer, d’un corps à corps intense avec un quelconque personnage, winner ou looser. En réalité, la providence n’en finit jamais de redistribuer sa chance au centre d’une valse où les désespérés ne répliquent pas grand-chose au pied qu’on leur écrase. Woody Allen a peut-être recours à ses péripéties légendaires, où les conjonctions étranges de la vie croisent les pronostics fous de l’au-delà mais en tissant ses trajectoires, en donnant à chaque personnage le minimum de place pour exister et évoluer, sans mise en avant d’une individualité particulière, Woody Allen dirige des ombres, de beaux et sombres inconnus. Qui vont et qui viennent. Si légères ces vies, qu’ils semblent les retourner comme des cartes, lire quelques fois un passage de leur aventure. Une voix est là pour dire ce que font les personnages quand nous ne les voyons pas faire et l’ellipse est visiblement suffisante pour les faire exister, le commentaire réinjectant du rythme, une nouvelle possibilité de pas de deux dans la narration. Les plans, dans un mouvement perpétuel d’accordéon, glissent d’un personnage à l’autre, avec une belle économie de contre-champs où souvent, la présence d’un des comédiens n’est qu’un dos qui parle et qui s’énerve. A la chasse aux courants d’air, Woody introduit, essaie, résume le maximum d’éléments et il ne reste au final que l’impasse frontale de minois résignés.</p>
<p style= »text-align: justify; »>Curieux portraits que capturent Woody lorsque les évènements n’ont jamais autant buté sur leur impasse. En filmant d’aussi près la résignation sur un visage – plutôt aussi longtemps – jusqu’à parfois suspendre la mimique, tel un ralenti au naturel (les déceptions entre autre d’Anthony Hopkins, de Naomi Watts et de Josh Brolin), le réalisateur pourrait presque tourner sur lui ces miroirs égarés. Il pourrait presque les retourner avec la nostalgie du créateur qui doit quitter ses créatures. Les filmer d’encore plus près ? Impossible. Leur inventer d’autres histoires ? Il faut s’en défaire à un moment donné. Oui mais comment ? Et si les figures volaient de leurs propres ailes, disposant seules de leur résolution ? Tels des ballons de baudruches sortis de sa poche, gonflés à bloc, lâchés dans l’air et regardés une dernière fois comme s’il les tenait encore, Woody se sépare d’elles. Ultime légèreté de ses ombres promenées au grès du gris londonien ou du loft si blanc et si vide d’Alfie.</p>
<p style= »text-align: justify; »>Détaché notre Woody, avec le rire du clown triste et en bouche, le bruit et la fureur avortés de Shakespeare. Ce n’est certes pas nouveau chez lui, mais qu’il referme un chapitre de sa filmographie à livre si ouvert, avec autant d’histoires inachevées, autant de destinées fluctuantes, on se dit que Woody tentera peut-être l’inédit dans sa propre histoire de metteur en scène : une suite. A savoir une vraie suite, pas un recyclage d’obsessions dans un nouveau scénario, pas de réincarnation de personnages dans un nouveau casting. L’hypothèse peut se concevoir, après tout, la morale shakespearienne est une fausse clôture. Annoncée également au début de ce film, elle fait plutôt office de boucle qui interdit presque à tout drame humain de s’épuiser.</p>
<p style= »text-align: justify; »>Le cumul des œuvres de Woody, son âge, son incroyable productivité sont autant d’agents qui favorisent la peur d’une rupture, d’une redite, l’émoussement d’un certain plaisir à se dire « chouette, un Woody » et pourtant… La croyance au hasard du réalisateur forcera toujours notre étonnement à chaque nouvelle histoire. Le petit vent passe et dépose un baiser sur le front de la providence parce qu’après tout, elle fait bien son travail.</p>
<p style= »text-align: right; »><strong>Florence Valero</strong></p>Zone de texte enrichi

Barre d&rsquo;outils

Gras (Ctrl + B) Italique (Ctrl + I) Barrer (Alt + Maj. + D) Liste non ordonnée (Alt + Shift + U) Liste ordonnée (Alt + Maj. + O) Bloc de citation (Alt + Maj. + Q) Aligner à gauche (Alt + Maj. + L) Centrer (Alt + Maj. + C) Aligner à droite (Alt + Maj. + R) Insérer/modifier un lien (Alt + Shift + A) Défaire le lien (Alt + Maj. + S) Insérer la balise « More » (Alt + Shift + T) Basculer en mode plein écran (Alt + Maj. + G) Afficher/cacher les options avancées (Alt + Shift + Z)

FormatFormat

Souligner Justifier (Alt + Maj. + S) Coller du texte simple Coller du texte Word Enlever la mise en forme Insérer un caractère particulier Désindenter Indenter Annuler (Ctrl + Z) Rétablir (Ctrl + Y) Aide (Alt + Maj. + H)

Woody et ses ombres

Détaché – mais pas dans le sens de négligent – tel apparaît Woody Allen avec un film à la consistance d’une ombre : une espérance qui passe, un souffle de fiction que l’on nous sert pour un temps, auquel on n’a pas le temps de s’attacher.

Détaché, parce-que Woody Allen n’a jamais été aussi conscient de ses propres limites : personnages, intrigues, plans, tout fluctue et s’abîme dans ce petit vent final qui accompagne le baiser timide d’Helena et de son nouvel amant. Résigné. Woody Allen, définitivement résigné à ne pas davantage esquinter ses personnages, à laisser décider le hasard. Il n’est simplement pas besoin de suivre au ralenti une balle sur un court de tennis, de la voir lentement pencher du bon ou du mauvais côté du filet, de saisir sa chance comme de la laisser s’échapper, puis de mettre fin à la partie avec l’implacabilité de l’arbitre ; le personnage s’en sort, ou pas.

Ici, il est encore question de providence mais au-delà de sa dualité réussir/échouer, d’un corps à corps intense avec un quelconque personnage, winner ou looser. En réalité, la providence n’en finit jamais de redistribuer sa chance au centre d’une valse où les désespérés ne répliquent pas grand-chose au pied qu’on leur écrase. Woody Allen a peut-être recours à ses péripéties légendaires, où les conjonctions étranges de la vie croisent les pronostics fous de l’au-delà mais en tissant ses trajectoires, en donnant à chaque personnage le minimum de place pour exister et évoluer, sans mise en avant d’une individualité particulière, Woody Allen dirige des ombres, de beaux et sombres inconnus. Qui vont et qui viennent. Si légères ces vies, qu’ils semblent les retourner comme des cartes, lire quelques fois un passage de leur aventure. Une voix est là pour dire ce que font les personnages quand nous ne les voyons pas faire et l’ellipse est visiblement suffisante pour les faire exister, le commentaire réinjectant du rythme, une nouvelle possibilité de pas de deux dans la narration. Les plans, dans un mouvement perpétuel d’accordéon, glissent d’un personnage à l’autre, avec une belle économie de contre-champs où souvent, la présence d’un des comédiens n’est qu’un dos qui parle et qui s’énerve. A la chasse aux courants d’air, Woody introduit, essaie, résume le maximum d’éléments et il ne reste au final que l’impasse frontale de minois résignés.

Curieux portraits que capturent Woody lorsque les évènements n’ont jamais autant buté sur leur impasse. En filmant d’aussi près la résignation sur un visage – plutôt aussi longtemps – jusqu’à parfois suspendre la mimique, tel un ralenti au naturel (les déceptions entre autre d’Anthony Hopkins, de Naomi Watts et de Josh Brolin), le réalisateur pourrait presque tourner sur lui ces miroirs égarés. Il pourrait presque les retourner avec la nostalgie du créateur qui doit quitter ses créatures. Les filmer d’encore plus près ? Impossible. Leur inventer d’autres histoires ? Il faut s’en défaire à un moment donné. Oui mais comment ? Et si les figures volaient de leurs propres ailes, disposant seules de leur résolution ? Tels des ballons de baudruches sortis de sa poche, gonflés à bloc, lâchés dans l’air et regardés une dernière fois comme s’il les tenait encore, Woody se sépare d’elles. Ultime légèreté de ses ombres promenées au grès du gris londonien ou du loft si blanc et si vide d’Alfie.

Détaché notre Woody, avec le rire du clown triste et en bouche, le bruit et la fureur avortés de Shakespeare. Ce n’est certes pas nouveau chez lui, mais qu’il referme un chapitre de sa filmographie à livre si ouvert, avec autant d’histoires inachevées, autant de destinées fluctuantes, on se dit que Woody tentera peut-être l’inédit dans sa propre histoire de metteur en scène : une suite. A savoir une vraie suite, pas un recyclage d’obsessions dans un nouveau scénario, pas de réincarnation de personnages dans un nouveau casting. L’hypothèse peut se concevoir, après tout, la morale shakespearienne est une fausse clôture. Annoncée également au début de ce film, elle fait plutôt office de boucle qui interdit presque à tout drame humain de s’épuiser.

Le cumul des œuvres de Woody, son âge, son incroyable productivité sont autant d’agents qui favorisent la peur d’une rupture, d’une redite, l’émoussement d’un certain plaisir à se dire « chouette, un Woody » et pourtant… La croyance au hasard du réalisateur forcera toujours notre étonnement à chaque nouvelle histoire. Le petit vent passe et dépose un baiser sur le front de la providence parce qu’après tout, elle fait bien son travail.

Florence Valero

Chemin :

Compteur de mots : 745   Dernière modification par Daniel DOS SANTOS, le 5 février 2011 à 15 h 17 min

Publier

Publié Modifier

Publié En attente de relecture Brouillon OK Annuler
Visibilité : Public Modifier




OK Annuler

Publié le : 10 octobre 2010 à 4 h 18 min Modifier

01-jan 02-fév 03-mar 04-avr 05-mai 06-juin 07-juil 08-août 09-sept 10-oct 11-nov 12-déc à h min

OK Annuler

Catégories

Mots-clefs

Ajouter ou retirer des mots-clefs

Ajouter un nouveau mot-clef

Séparez les mots-clefs par des virgules

X cannes 2010X woody allen

Choisir parmi les mots-clefs les plus utilisés

Extrait

Les extraits sont des résumés facultatifs de vos articles, écrits à la main. Il se peut que votre thème s’en serve. En savoir plus (en).

Envoyer des rétroliens


(Séparez les adresses web par des espaces)

Un rétrolien est une manière explicite de notifier les anciens systèmes de blog que vous avez fait un lien vers eux. Si vous faites un lien vers des sites WordPress, ils seront notifiés automatiquement à l’aide des pings (en), sans que vous n’ayez rien à faire.

Champs personnalisés

Nom Valeur

Ajouter un nouveau champ personnalisé :

— Sélectionner — articleimg enclosure featured-article-image featuredtext Headline Hide OgTags Hide SexyBookmarks home-category-image Image Leadimage pvc_views ratings_average ratings_score ratings_users views Saisissez-en un nouveau

Les champs personnalisés peuvent être utilisés afin d’ajouter des données supplémentaires à vos articles. Vous pouvez les utiliser dans votre thème (en).

Discussion


Commentaires

Ajouter un commentaire

Pas encore de commentaire.

Identifiant

Révisions

All in One SEO Pack

Upgrade to All in One SEO Pack Pro Version

Title: characters. Most search engines use a maximum of 60 chars for the title.
Description:
characters. Most search engines use a maximum of 160 chars for the description.
Keywords (comma separated):
Disable on this page/post:


Répondre au commentaire
Ajouter un nouveau commentaire


Leave your response!

Add your comment below, or trackback from your own site. You can also subscribe to these comments via RSS.

Be nice. Keep it clean. Stay on topic. No spam.

You can use these tags:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

This is a Gravatar-enabled weblog. To get your own globally-recognized-avatar, please register at Gravatar.